Les baguettes violettes sont des lactobacilles. « Bacille » signifie en forme de baguette, de bâtonnet.

Quand on parle de mycoses vulvo-vaginales, on entend souvent cette expression « flore vaginale ». Cette flore, ça consiste en quoi exactement ? Et quel rapport avec les mycoses vaginales ?

La flore vaginale, des microbes dans le vagin.
Le vagin, quand il est en bonne santé, contient, jusqu’à 109 germes par millilitre dans ses secrétions. Il y a donc plus de microbes dans le vagin que d’habitants sur la terre ! Parmi tous ces germes, se trouve 107 lactobacilles par millilitre. En occupant le terrain, ces micro-organismes bénéfiques le protègent contre des germes qui pourraient être toxiques… et entraîner des mycoses vaginales.

Les lactobacilles de la flore vaginale, c’est quoi ?
Ces bactéries protectrices de la zone vaginale sont appelées lactobacilles parce qu’elles fabriquent de l’acide lactique à partir de différents sucres présents (glycogène) dans les parois et les cellules vaginales. Cet acide lactique rend le milieu vaginal acide, avec un pH aux environs de 4,5 ce qui le protège de la prolifération des germes pouvant entraîner des maladies. Les microbes les plus fréquents n’aiment pas l’acidité. Mais, les candida albicans, agent le plus fréquent des mycoses vaginales aiment l’acidité. Cette faculté à acidifier le vagin ne suffit donc pas à le protéger contre tout, et en tout cas pas contre les mycoses vaginales.

Lactobacilles de la flore vaginale, les effet protecteur anti microbes…
Les lactobacilles sont aussi appelés bacilles de Döderlein ou flore de Döderlein.
– Ils acidifient le milieu vaginal. Et comme les bactéries agressives détestent l’acidité, cela empêche la prolifération de ces bactéries toxiques. Les lactobacilles transforment le glycogène contenu dans les cellules du vagin et du col de l’utérus en acide lactique sous l’effet des hormones estrogènes. C’est parce qu’elles fabriquent de l’acide lactique qu’on les appelle des lactobacilles bien sûr !
– Ils produisent du peroxyde d’hydrogène (H2O2), un très puissant antiseptique détruisant les microbes toxiques.
– Les bacilles de Döderlein s’attachent, se collent à la muqueuse vaginale, occupent le terrain, et recouvrent la paroi vaginale, formant un biofilm très lisse sur la surface de la paroi vaginale, de manière à empêcher d’autres microbes de s’y attacher et de l’attaquer. La flore vaginale en bonne santé empêche donc les candida albicans, agents de la mycose vaginale, de s’attacher et de s’attaquer à la paroi vaginale.

Certaines flores vaginales sont plus protectrices que d’autres.
La flore vaginale n’est pas exactement la même chez toutes les femmes. Les lactobacilles sont en fait une famille de bacilles avec par exemple leslactobacilles crispatus, les lactobacilles jansenii, ou les lactobacilles gasseri, les plus souvent présents. Il en existe d’autres. Certains lactobacilles sont bien acidifiants, d’autres produisent beaucoup d’antiseptiques, d’autres adhèrent bien mieux à la muqueuse pour la protéger. Ainsi, certaines femmes sont une flore super efficace pour protéger le vagin, alors que d’autres ont une flore peu efficace, produisant peu d’acidité, produisant un bio film de mauvaise qualité, ou bien ne fabriquant que peu d’antiseptique de type peroxyde l’hydrogène… Ces femmes font plus d’infections vaginales.

Cela dit, même une flore vaginale d’excellente qualité peut se trouver agressée. Il survient alors une mycose ou candidose vaginale (infection par levure) ou une vaginose (infection par une bactérie)…

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Cet article a été écrit par un médecin.

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