Mycose vulvo-vaginale ? Et si c’était autre chose…

La mycose vulvo-vaginale ou vaginale est très fréquente. Elle peut néanmoins être confondue avec un autre problème vaginal.

Attention, car le traitement n’est pas le même. Et comme certains traitements des mycoses sont en vente libre en pharmacie, vous pouvez vous en procurer sans ordonnance. Cela peut se révéler utile, sauf si… ce n’était pas une mycose !
Quel autre problème peut être pris pour une mycose vulvo-vaginale ?

Les pertes blanches abondantes naturelles
Elles peuvent faire penser à une femme qu’elle a un problème. Les pertes blanches transparentes, fluides et abondantes sont normales les jours précédant l’ovulation. Les pertes blanches sont aussi souvent plus abondantes chez les femmes enceintes ou chez les femmes portant un stérilet (le fil semble stimuler la fabrication de glaire cervicale). Ces pertes ne sont pas malodorantes et n’entraînent ni brûlures, ni picotements, ni douleurs, ni rougeurs.

La vaginose bactérienne
C’est une infection vaginale ou vulvo-vaginale qui n’est pas due à une levure (mycose ou candidose), mais à une bactérie. Les pertes sont plutôt de couleur grisâtre (et non blanchâtre), fluide (et non comme du lait caillé), à plus forte odeur que les pertes des mycoses. On parle souvent d’odeur de poisson ! C’est le problème vulvo-vaginal entraînant les pertes les plus malodorantes. Il s’agit aussi d’une infection déclenchée par un déséquilibre de la flore vaginale et non d’une Infection Sexuellement Transmissible (IST)

L’eczéma de la vulve
Il ne s’agit pas d’un problème dû à une levure, mais d’une réaction de contact. La vulve est rouge brûle, pique, mais il n’y a pas particulièrement de pertes importantes. L’eczéma a toujours une cause, pas toujours facile à identifier. Une allergie, ou une réaction aux serviettes hygiéniques, au latex du préservatif, à une lessive, à un tissu synthétique, au colorant d’un tissu, ou à un produit d’hygiène non adapté. Le traitement d’une mycose vulvo-vaginale ne ferait qu’irriter davantage la vulve.

L’infection vaginale à trichomonas vaginalis
Il s’agit d’une Infection Sexuellement Transmissible (IST) donc plus fréquente en cas de partenaires multiples. L’utilisation de préservatif est préventive. Cette infection est due à un parasite. Elle entraîne souvent des pertes abondantes mousseuses de couleur beige, jaune ou verdâtre, des démangeaisons, une rougeur de la vulve, des brûlures urinaires. Mais souvent aussi, il n’existe aucun signe.

L’allergie au latex
C’est une réaction qui se manifeste lors d’utilisation de préservatifs en latex. Elle concerne 1,37 % de la population générale, 4,32 % des personnels de santé (à cause de l’exposition aux gants en latex) et 5 à 12 % des personnes à professions exposées. Le rapport sexuel avec préservatif déclenche des picotements, brûlures, rougeurs irritations, voire des signes plus graves… Il faut consulter un allergologue.

Le lichen scléro-atrophique ou maladie de Paget
Sur la vulve existe une zone rouge ou blanchâtre et brillante, indurée et bien délimitée, souvent un peu suintante. Des démangeaisons importantes y sont souvent associées. Cette plaque peut s’étendre à la zone de peau où elle est plutôt sèche. Le lichen ou maladie de Paget de la vulve peut être associée à un cancer dans un cas sur 5 environ. Elle nécessite un traitement spécifique qui n’a rien à voir avec celui d’une mycose vulvo-vaginale.

L’herpès génital
Maladie due à un virus, le virus de l’herpès est sexuellement transmissible (IST). Une crise d’herpès commence par des picotements, des démangeaisons sur la vulve et dans le vagin, puis des brûlures intenses. Des vésicules, petites bulles emplies de liquide apparaissent qui se percent, formant des ulcérations douloureuses où la muqueuse est à vif. La peau aussi peut se trouver atteinte, pas seulement les muqueuses. Il faut plus d’une semaine pour que des croutes apparaissent puis pour que la crise guérisse. Les premières fois, de la fièvre et des douleurs musculaires ou articulaires peuvent coexister avec les signes gynécologiques. Cette maladie évolue par crise et son traitement est très différent de celui des mycoses.

Les chlamidioses ou infection à chlamidiae
Cette infection est due à Chlamidiae trachomatis, une bactérie à transmission sexuelle. Il s’agit donc d’une infection sexuellement transmissible ou IST. Les femmes ont souvent peu de signes lors d’une infection par chlamidiae. Les symptômes peuvent néanmoins exister et il s’agit alors de pertes de couleur trouble. Le risque, celui de la stérilité lorsque cette infection gagne l’utérus et les trompes. Cette maladie se traite par des antibiotiques spécifiques.

Le psoriasis vulvaire
Il entraîne souvent des rougeurs, des irritations, des douleurs, des démangeaisons de la vulve. Et il est assez souvent confondu avec une mycose vulvo vaginale. Son traitement est totalement différent, évidemment. Un médecin dermatologue connaît bien cette maladie et son traitement.

Au total, si vos mycoses récidivent, il faut se poser la question : est-ce autre chose ? Ou bien, est-ce une mycose récidivante ? Seul un médecin pourra répondre à cette question… Alors, n’hésitez pas à consulter.

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Vous avez eu une problème vulvovaginal, on a cru à une mycose vaginale…
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Cet article a été rédigé par un médecin.

© infosanteonline 2013

Sources :
– Agence de la santé publique du Canada : Trichomonas vaginalis.
http://www.phac-aspc.gc.ca/lab-bio/res/psds-ftss/trichomonas-fra.php

– Allergie au latex , R. Dubost, service Pr Piriou.
– Herpès génital : aspects gynécologiques. Directive cliniques de la SOGC (Conseil de la – Société des obstétriciens et gynécologues du Canada), N° 207, avril 2008. www.sogc.org/guidelines/…/gui207CPG0804f_000.pdf

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By | 2016-12-18T23:39:22+00:00 2 décembre 2014|Comprendre la mycose vaginale|75 Comments

75 Comments

  1. Lilianne 28 février 2017 at 21 h 20 min - Reply

    Pertes vertes et démangeaisons
    Je suis une jeune fille de 20 ans, et depuis environ 3 semaines, j’ai des démangeaisons insupportables au niveau de la vulve. Ces démangeaisons sont accompagnées de pertes assez bizarres de couleur Verte. Mes lèvres sont toutes rouges, j’ai également la petite lèvre gauche un peu enflée, et la muqueuse entre les grandes lèvres de couleur rouge foncé.
    J’ai consulté il y a deux semaines un Gynécologue qui m’a fait faire un prélèvement qui n’a révélé aucune mycose ni vaginose ni aucun autre champignon. Il m’a prescrit une crème à base de Beclamétasone Dipropionate pour faire partir l’irritation mais aucune amélioration, et les pertes vertes sont toujours là.

    Dois-je consulter dans ce cas un dermatologue ?

    Réponse de médecin à Liliane pour ses pertes vertes et ses démangeaisons

    C’est très difficile de vous répondre. Néanmoins, les pertes vertes, surtout si elles sentent mauvais (classiquement odeur de poisson) sont le plus souvent dues à des bactéries. Dans ce cas, il s’agit d’une vaginose qui se traite par antibiotiques. L’examen à faire serait surtout de voir le pH de votre zone intime (si c’est acide, c’est une mycose, si c’est alcalin, c’est une vaginose, ce qui est plus fréquent). Les corticoïdes que vous a prescrit le médecin ne sont pas habituellement un bon traitement. Cela a tendance à étendre une infection et à amincir la muqueuse. C’est un traitement anti-inflammatoire qui n’agit pas sur la cause de votre problème. Je vous engage plutôt à voir un autre médecin, peut-être tout simplement un généraliste.
    A lire également, un article « Pertes blanches, quelle couleur pour quelle maladie ?« 

  2. Jessica 6 février 2017 at 1 h 47 min - Reply

    Gonflement anormal d’une grande lèvre
    Il y as quelque jours, une de mes grandes lèvres du vagin a gonflé dans une proportions pas normale. Elle est très rouges et dure à l’intérieur, et cela fait comme des plaques blanches et à l’extérieur pareils cela grattait et me brûlait. J’ai été à la pharmacie je lui ai expliqué mon cas. Elle m’a donné du savon Hydralin pour une période de 7 jours, de la crème pour mycose et des ovules.
    Avec le savon cela me calme mais la grande lèvre ne dégonfle pas. Je n’ai pas de perte anormale
    je voulais juste savoir si vous pouvez me conseiller sur la démarche à suivre car c’est la première fois que cela m’arrive.

    Réponse de médecin pour Doctical à Jessica pour sa grande lèvre gonflée

    Sans examen, il est impossible de faire un diagnostic. Néanmoins, cela ne ressemble absolument pas à une mycose vulvaire et l’on peut dire que le pharmacien a plutôt tenté de vous vendre des produits qui n’ont pas grand chose à voir avec ce que vous décrivez. Ce que vous décrivez ressemble plutôt par exemple à une bartholinite, gonflement dans une lèvre due à une glande de Bartholin qui se bouche. Mais je peux me tromper. Il faut absolument voir un médecin pour qu’il vous examine quand on a un souci. Voir un pharmacien ne sert à rien ! (sauf si l’on a un problème que l’on connaît bien et que l’on a déjà eu bien sûr). Surtout que vous avez acheté des produits visiblement inutiles et qu’une consultation de médecin remboursée vous aurait coûté moins cher et aurait eu des chances de vous soigner !

  3. Chloé 8 mai 2016 at 0 h 40 min - Reply

    Petites lèvres gonflées après un rapport sexuel
    Suite à un rapport sexuel mes lèvres ont gonflé et donc augmenté de volume. et depuis c’est toujours la même chose.
    J’ai essayé beaucoup de traitements antimycosiques. J’ai vu des médecins généralistes, des dermatologues, allergologues, gynécologues.. et tous ont le même discours « nous n’avons jamais vu ça ». Pensez vous qu’un traitement mycosique plus intense pourrait me guérir ?

    Réponse de médecin pour Chloé pour des petites lèvres qui gonflent après un rapport sexuel.

    Après un rapport sexuel, chez toutes les femmes, les petites lèvres sont gonflées. En effet l’excitation sexuelle fait gonfler les petites lèvres (comme elle fait gonfler le pénis chez l’homme). Il faut souvent un certain temps pour qu’elles dégonflent. Ce dégonflement est plus rapide s’il y a eu un orgasme et plus lent dans le cas contraire. Il peut prendre plus d’une heure par exemple.
    Donc un gonflement des petites lèvres après un rapport sexuel, c’est normal chez toutes les femmes.
    Donc je ne comprends pas bien votre question. Peut-être avez-vous l’impression que vos petites lèvres sont plus gonflées depuis que vous avez eu un rapport sexuel et qu’elles sont restées gonflées depuis ?
    Dans ce cas, les aviez-vous déjà examinées auparavant ? Cette question peut paraître bizarre, mais les petites lèvres grandissent au moment de la puberté sous l’effet des hormones. Si vous ne les aviez jamais examinées, il se peut que vous ayez été étonnée par leur aspect.
    Quoi qu’il en soit, il n’y a aucune raison de prendre un traitement pour une mycose vuvlovaginale quand on n’en a pas ! Or, un gonflement des petites lèvres seul n’est pas un symptôme de mycose. Et il n’existe pas de traitement « plus fort », mais simplement un traitement efficace ou non. Donc ce n’et pas la peine d’agresser votre corps avec un traitement qui a priori sera inutile.
    Je vous engage plutôt à lire notre article sur : mycose vaginale ? Et si c’était autre chose ?

  4. Charles 27 avril 2016 at 17 h 08 min - Reply

    Mycose récidivante, que faire ?
    Ma mycose récidive. Comment faire pour en finir lorsque on a tout essayé et que les rougeurs reviens grattent de l’anus jusqu’au vagin .

    Réponse de médecin pour Charles qui a une mycose récidivante
    La première question c’est : est-ce vraiment une mycose vaginale ? En effet, beaucoup d’autres problèmes intimes peuvent exister et ressembler parfois à une mycose. Je vous engage à lire nos informations sur le sujet.
    Sinon, je vous engage à lire nos articles sur le traitement des mycoses récidivantes :
    Mycose récidivante, guérir avec le traitement médical ?
    Mycose vaginale récidivante, comment guérit le traitement de 6 mois ?
    Quelle efficacité pour le traitement longue durée des mycoses vaginales récidivantes ?
    Et puis nous avons beaucoup d’articles sur la prévention des mycoses vaginales.

  5. Marie 16 février 2016 at 20 h 03 min - Reply

    Contre une mycose, crème et / ou ovule ?
    Je voulais savoir,si mes démangeaisons cessent avec la crème myco hydralin,est ce que je dois quand même mettre l’ovule ? Merci.

    Réponse de médecin pour Marie qui ne sait pas si elle doit utiliser un ovule

    En fait, il faut plutôt utiliser un ovule et pas de crème. Normalement, un ovule seul suffit à traiter une mycose. Mais vous pouvez, si vous le souhaitez, ajouter une crème. En revanche, la crème sans ovule a des chances de ne pas être suffisamment efficace car elle ne traitera pas la zone vaginale.

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