Mycose vaginale, quel danger pendant la grossesse ?

Chez une femme enceinte les mycoses vaginales sont fréquentes et peuvent entraîner des complications. Du coup, pendant leur grossesse, une femme peut s’inquiéter. Mais quel est le risque d’une mycose vulvo-vaginale pendant la grossesse ?

La mycose vaginale ne s’étend pas aux organes profonds
Une mycose vaginale ne peut généralement pas devenir une infection grave de la femme enceinte : pendant la grossesse, une mycose vaginale et vulvaire concerne uniquement la vulve et le vagin. C’est d’ailleurs vrai également quand une femme n’est pas enceinte !
Et même si une mycose intime est importante ou entraîne des signes très gênants, elle ne s’étend pas à l’utérus (endométrite) ou aux trompes (salpingite). Autrement dit, une mycose vaginale devient pas une infection génitale profonde, ce que l’on appelle une infection vaginale haute. Ces infections vaginales hautes peuvent se produire au cours d’autres infections gynécologique, les chlamidioses (dues à Chlamydia trachomatis) les gonococcies (dues à Neisseiria gonorrhoeae) par exemple, mais pas pour les candidoses génitales (mycoses vaginales).

Cela signifie que l’agent des mycoses vaginales, le candida albicans (dans 80 % des cas) ne devrait pas atteindre l’enfant à naître. Mais…

La mycose peut-elle entraîner une naissance prématurée ?
Les levures de type candida albicans présentes dans le vagin peuvent atteindre le col de l’utérus et infecter le liquide amniotique. On parle de chorioamniotite. L’enfant peut avaler le liquide contaminé et présenter par la suite une mycose digestive, ou souffrir de mycose de la peau à la naissance (mycose cutanée congénitale). D’autre part, les chorioamniotiques peuvent même entraîner une naissance prématurée, auquel cas le risque de survenue chez l’enfant nouveau-né d’une candidose plus généralisée et plus grave est augmenté.

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Information

Vous souhaitez soigner une mycose intime par une méthode naturelle pendant votre grossesse ?
Nos médecins ont travaillé pour mettre à votre disposition un dossier très pratique sur une méthode efficace de traitement. Il s’agit d’un traitement naturel, sans danger pour soigner une mycose vaginale ou vulvaire. Il est fait pour vous si vous ne souhaitez pas utiliser de traitement chimique ni d’huiles essentielles (déconseillées pendant une grossesse). Lisez la suite…

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suite de l’article :

La mycose vaginale peut se transmettre à l’enfant à l’enfant au cours de la naissance
Si une femme héberge des candida albicans dans sa zone vaginale, l’enfant peut se trouver contaminé au moment de l’accouchement. L’enfant peut alors inhaler (respirer) ou avaler (par voie digestive) des candida albicans et se trouver contaminé.
C’est la raison pour laquelle, chez une femme enceinte, il faut soigner les mycoses vaginales. Il faut aussi soigner ces candidoses pendant la grossesse également à cause de la gêne occasionnée à la femme et à son partenaire.

– Très peu d’enfants sont contaminés de manière grave par les candida albicans au cours de la grossesse. Les infections se transmettant de la mère à l’enfant sont dues aux levures de type candida dans moins de 1 % des cas.
– Pourtant, beaucoup de femmes enceintes (entre 25 et 30 %) hébergent des candida albicans dans leur vagin au moment de la naissance. Et la plupart ne sont pas du tout gênées, de même que leur bébé reste en pleine forme quand il est né. Beaucoup d’enfants nouveau-nés peuvent même héberger des candida albicans sur leur peau après la naissance, sans être gênés ou malades. Et il existe très fréquemment une présence de candida albicans au niveau ORL dans la première semaine de vie (visible sur des prélèvements, mais sans conséquence). Et, chez 4 % des nouveaux-nés, il se produit une candidose buccale visible (muguet) et pour certains une dermite du siège (mycose au niveau des fesses du bébé) qui sont des problèmes bénins.

– Les enfants qui sont vraiment malades à cause des candida albicans sont souvent des enfants grands prématurés, généralement de moins de 1000 ou 1500 grammes (leur immunité est moins bonne). Cela peut concerner un nouveau-né non prématuré, mais c’est nettement plus rare. Dans le cas des enfants très prématurés, les infections mycosiques peuvent être graves et responsables d’une mortalité. Et cela peut commencer par une candidose buccale qui se dissémine à l’organisme, pouvant toucher les poumons, les reins, le système nerveux central, les os, ou les articulations.

– Un cas particulier à risque, les enfants ayant vécu une grossesse sur stérilet. Ce n’est pas fréquent, mais il arrive qu’une grossesse commence malgré la présence d’un stérilet et se poursuive alors que le stérilet est laissé en place. De même l’existence d’un cerclage du col ou de suture du col de l’utérus augmentent le risque de candidose de l’enfant nouveau-né (sans doute à cause des corps étranger, stérilet, fils de cerclage ou de suture).

– Notez qu’un enfant nouveau-né ayant une candidose n’a pas forcément contracté ce problème par sa mère. Il peut avoir été contaminé par le personnel soignant ou par le matériel médical. On appelle cela la transmission horizontale. Et le fait d’avoir eu un antibiotique augmente le risque de candidose chez le nouveau-né comme chez les adultes.

– Quelques chiffres :
Pour 1000 nouveau-nés de poids supérieur à 2,5 kg,  7 sont infectés par un candida.
Pour 1000 nouveau-nés de poids inférieur à 750 grammes, 374 sont infectés par les levures de type candida.
La fragilité des prématurés est donc un important facteur qui rend plus difficile la défense contre les candidoses chez les nouveau-nés.

Au total, la candidose vaginale peut (rarement) avoir un impact grave sur l’enfant nouveau-né. Cela se produit surtout s’il existe d’autres facteurs de risque (antibiotiques, corticoïdes, prématurité, cerclage ou stérilet resté en place, cathéter au niveau né, ventilation assistée, déficit immunitaire, etc).
Mais, même si ce risque est faible, il doit être pris en compte. C’est pourquoi une mycose pendant la grossesse doit être traitée avant l’accouchement chez toutes les femmes pour préserver leur enfant.

Ainsi, le dépistage systématique et le traitement des vulvo-vaginites candidosiques s’imposent chez les femmes enceintes, particulièrement celles présentant des facteurs de risque.

Si vous êtes enceinte et que vous avez une mycose vaginale, nous avons écrit un dossier sur le traitement naturel des mycoses vaginales pendant la grossesse. Il propose des traitements efficaces et sans risque pour la mère et l’enfant.

Cet article a été écrit par un médecin. Doctical © 2017

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Sources :
– Infections génitales hautes. CNGOF (Collège national des gynécologues et obstétriciens français) 2012.

– Olivier Baud Infections néonatales à Candida. Médecine thérapeutique pédiatrie. Volume 2, numéro 2, Mars – Avril 1999
– Aujard Y, Farnoux C, Lefevre S, Maury L, Delezoide AL, Mariani-Kurdjian P. Infections néonatales à Candida. Archives de pédiatrie. 2003; 10 suppl. 5: 569s-574s.
– Corbin DL, Brian SP, Daniel K, Benjamin Jr. Risk factors and prevention of late-onset sepsis in premature infants. Early Human Development. 2010; 6: 378-372
– Maria L, Agueroa A, Alejandro CC et al. Risk factors for Candida infections in a neonatal intensive care unit in Costa Rica. International Journal of Infectious Diseases, 2005; 9:90—95
– Saiman L, Ludington E, Dawson JD, Patterson JE, Rangel-Frausto S, Wiblin RT, et al. Risk factors for Candida species colonization of neonatal intensive care unit patients. Pediatr Infect Dis J. 2001; 20:1119-24.
– A. Benomar. Les infections néonatales à candida. 2010 Thèse de doctorat en pharmacie.
– Moutaj R, Tligui H, Sbai M, Lmimouni B, El Mellouki W. Congenital cutaneous candidiasis : a case report and review. Bulletin de la Société de pathologie exotique. 2005, 98 (5) : 354-358.
– Waguespack LJ, Chen SH, Yen A. Disseminated congenital candidiasis in premature infant. Arch Dermatol. 1999; 135: 510-512

 

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