Mycose vulvo-vaginale à la ménopause

Ménopause : les mycoses vaginales concernent 80 % des femmes un jour ou l’autre.

Pourtant, au fil de la vie, de la petite fille à la femme ménopausée, la survenue des mycoses n’est pas comparable. Chaque âge entraîne des risques différents de mycoses vulvovaginale. Qu’en est-il à la ménopause?

La ménopause… Au revoir les mycoses vaginales !

Lorsqu’une femme est ménopausée, c’est-à-dire qu’elle n’a pas eu de règles depuis un an ou plus, les mycoses vulvo-vaginales deviennent nettement moins fréquente, voire rares. La raison en est simple : les candida albicans et autres candida, ces levures agents des mycoses vaginales ont besoin d’un milieu riche en hormones estrogènes pour se développer. Or, la particularité de la ménopause, c’est que la quantité de ces estrogènes diminue considérablement chez les femmes ménopausées. La preuve, c’est qu’elles ont des bouffées de chaleur, signe de cette baisse importante d’estrogènes.

D’autre part, pour se développer, les mycoses vaginales ont besoin d’un milieu acide. Or, lorsque la ménopause arrive, le milieu vaginal devient nettement moins acide, même s’il reste légèrement acide. Raison de plus pour que les mycoses deviennent vraiment rares.
Au total, les femmes ménopausées, ont nettement moins de mycoses que les femmes avant la ménopause. Cependant, ce n’est pas impossible et il arrive qu’une mycose survienne après la ménopause.

Ménopause et traitement hormonal, bonjour mycoses génitales !
Certaines femmes ménopausées suivent un traitement hormonal de la ménopause. Ce traitement consiste à prendre des estrogènes, hormones que les candida albicans ou glabrata, agents des mycoses vaginales aiment beaucoup. Résultat, une femme ménopausée sous traitement hormonal continue à avoir autant de mycoses vaginales qu’une femme non ménopausée.

Mycose vaginale et ménopause, les chiffres
Une étude très intéressante a observé des femmes ménopausées souffrant de problème vulvaire, et cette étude a comparé les femmes sous traitement hormonal à celles sans traitement hormonal.
Seules 3 % des femmes ménopausées sans traitement hormonal avaient une mycose vulvovaginale prouvée par la présence de candida (albicans ou autre) lors de prélèvements.
En ce qui concerne les femmes ménopausées sous traitement hormonal, chez 49 % d’entre elles, le problème vulvaire était une mycose vaginale mise en évidence par le prélèvement.

Autrement dit, une femme ménopausée qui a des pertes, irritations, brûlures, démangeaisons n’a que 3 % de risque d’avoir une mycose vaginale si elle ne prend pas de traitement hormonal, alors qu’elle a une chance sur 2 que ce soit une mycose vaginale si elle prend un traitement hormonal de la ménopause.

Mycose après la ménopause, que faire ?
Quand une femme prend un traitement hormonal de la ménopause (THM), et qu’elle a des mycoses, la même étude montre qu’après le traitement de l’épisode de mycose, elle rechute. L’idéal est donc d’arrêter le traitement hormonal de la ménopause si l’on souffre de mycoses vulvovaginales récidivantes (MVVR). D’ailleurs, près de 70 % des femmes souffrant de mycose vulvo vaginale récidivante après la ménopause en avaient déjà avant la ménopause.

Si une femme ménopausée sans traitement hormonal de la ménopause a un problème vulvo-vaginal, il ne faut pas se précipiter en pharmacie pour acheter des ovules anti-mycose. Car il y a très peu de chances que ce soit une mycose. Il faut consulter un gynécologue pour savoir de quoi il s’agit et traiter en fonction de manière bien adaptée !M

Ménopausée, vous avez des problèmes vulvo-vaginaux ?

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Cet article a été écrit par un médecin.

Sources : Fischer et col. Vulvovaginal Candidiasis in Postmenopausal Women: The Role of Hormone Replacement Therapy. Journal of Lower Genital Tract Disease: October 2011 – Volume 15 – Issue 4 – pp 263-267

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By | 2016-05-28T17:10:39+00:00 11 février 2015|Mycose vaginale aux âges de la vie|2 Comments

2 Comments

  1. Lorraine 28 juin 2016 at 17 h 32 min - Reply

    Après ménopause, douleurs au niveau du clitoris
    Je suis ménopausée depuis 19 ans et depuis 4 ans je souffre de brûlements au niveau du clitoris
    et au niveau vulvaire avec des pertes blanches et une sensation de gonflement. Mon frottis est correct et je peux calmer cet inconfort avec du Canesten. Aucune infection urinaire et d’après mon médecin pas de mycoses. C’est devenue très difficile à vivre.

    • Médecin rédacteur 13 juillet 2016 at 23 h 42 min - Reply

      Réponse de médecin à Lorraine pour ses douleurs au clitoris
      Après la ménopause, les mycoses sont rares. Vos sensations de brûlures au niveau de clitoris ont donc très peu de risque d’être liées à une mycose ! Il ne faut donc PAS prendre de traitement Canesten qui est un antimycosique.
      Je vous conseille 2 possibilités : essayez un lubrifiant longue durée comme Replens ou Monasens et étalez en matin et soir au niveau de la zone de votre clitoris. Cela sera sans doute plus efficace et moins agressif que le Canesten. En effet, si cette crème agit, c’est sans doute par son côté hydratant et les deux gels dont je vous parle seront plus efficaces.
      Si cela ne suffit pas, demandez à votre médecin de vous prescrire une crème à base d’estriol (un estrogène doux à utiliser en local). Il suffira d’en appliquer 3 fois par semaine le soir sur votre vulve (clitoris, zone urinaire et petites lèvres) pour vous soulager. Vous pourriez d’ailleurs commencer par en mettre tous les jours pendant la première semaine. Donnez-vous des nouvelles, je suis presque sûre que le traitement sera efficace…

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