Vaginose bactérienne, des pertes blanches malodorantes

Infection du vagin et de la vulve due à des bactéries, la vaginose bactérienne peut être confondue avec une mycose vaginale, appelée aussi candidose ou vaginite à levures. Mais les médecins, eux, ne confondent pas, car ces deux infections génitales n’entraînent pas les mêmes symptômes… En particulier au niveau de l’odeur.

Quels sont les symptômes de vaginose qu’une femme peut observer ?
Les pertes blanches anormales sont un signe de vaginose bactérienne. Ces pertes blanches sont de couleur blanc gris, parfois grisâtres, fluides, homogènes, un peu collantes.
L’odeur de poisson. Elle est typique de ces pertes blanches anormales de la vaginose et permet souvent de savoir qu’il s’agit bien d’une vaginose : cette odeur est celle du poisson pourri ! Cela s’observe spontanément, encore plus après un rapport sexuel, ou chez le médecin après ajout d’une goutte de potasse à 10 %. Cette réaction chimique est d’ailleurs appelée « snif test » !

Quels sont les signes de vaginose bactérienne observés par un médecin ?
En plus des symptômes que la femme elle-même peut observer, le médecin va en rechercher deux autres, plus techniques :
– Le pH vaginal est augmenté. Cela signifie qu’au lieu d’être acide, comme il l’est naturellement (pH inférieur à 4,5), l’intérieur du vagin présente, pendant une vaginose, une moindre acidité, donc un pH supérieur à 4,5. Il est alcalin ou basique.
– A l’examen direct des secrétions vaginales (au microscope), le médecin peut voir dans les sécrétions vaginales, des clue-cells, cellules à l’aspect clouté, car elles sont recouvertes de bactéries, des bacilles leur donnant cet aspect inhabituel.
Le médecin peut faire un frottis vaginal dont l’examen permettra de faciliter le diagnostic.

Pourquoi une vaginose survient-elle, quels facteurs de risque ?
Le vagin ne parvient pas à bien se défendre contre les bactéries, alors, elles prolifèrent dans cet endroit chaud et humide.
Voici les facteurs de risque favorisant une vaginose bactérienne, d’après les études scientifiques :
– La pratique de la douche vaginale ou des spray vaginaux : ils déséquilibrent la flore vaginale, les bonnes bactéries amies du vagin, qui ne se défend plus bien contre les bactéries ennemies.
– Les partenaires sexuels multiples. C’est un facteur de risque identifié. L’utilisation de préservatifs est une bonne chose, car cela diminue le risque de toutes les infections, chaque rencontre sexuelle étant aussi la rencontre d’un écosystème susceptible de déséquilibrer la flore vaginale de la femme… même sans parler d’infection sexuellement transmissible (IST).
– La prise d’antibiotiques,
– Le manque d’estrogènes, ce qui fait que la vaginose bactérienne est plus fréquente après la ménopause (1),
– L’usage d’un stérilet ou dispositif intrautérin (DIU),
– Le tabagisme, car il fait diminuer le taux d’estrogènes,
– L’utilisation de produits d’hygiène inadaptés pour la toilette intime, en particulier des antiseptiques, ou encore les produits alcalins (savon par exemple),
– La pratique du cunnilingus,
– La pénétration anale avant une pénétration vaginale,
– La pénétration digitale, c’est-à-dire l’introduction d’un ou plusieurs doigts dans le vagin (doigté comme l’appellent les ados).

La vaginose bactérienne est-elle une infection sexuellement transmissible ?
Pas vraiment ! En effet, de nombreuses femmes souffrent d’une vaginose bactérienne sans avoir de rapports sexuels.
D’autre part, traiter le partenaire d’une femme en couple soufrant de vaginose ne diminue pas le risque de récidive de cette vaginose bactérienne.
Il semble donc que ces vaginoses bactériennes soient dues à un déséquilibre de la flore vaginale, déséquilibre auquel les rapports sexuels peuvent contribuer, en tant qu’élément perturbateur de la flore vaginale féminine.

Quel traitement pour la vaginose bactérienne ?
Lisez notre article sur le sujet.
Cet article a été rédigé par un médecin.

 Sources :
1 :  Wilson JD, Lee RA, Balen AH, Rutherford AJ. et col. Bacterial vaginal flora in relation to changing oestrogen levels. Int J STD AIDS. 2007 May;18(5):308-11.
2 :Amy L Evans, Andrew J Scally, Sarah J Wellard, and Janet D Wilson. Prevalence of bacterial vaginosis in lesbians and heterosexual women in a community setting.Sex Transm Infect. Oct 2007; 83(6): 470–475. doi:  10.1136/sti.2006.022277
3 :Riggs M1, Klebanoff M, Nansel T, Zhang J, Schwebke J, Andrews W. Longitudinal association between hormonal contraceptives and bacterial vaginosis in women of reproductive age.  Sex Transm Dis. 2007 Dec;34(12):954-9.
4 : Vaginose bactérienne, Jean-Marc Bohbot, Institut Fournier, Paris.

© infosanteonline 2014

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By | 2016-12-18T23:39:23+00:00 22 novembre 2014|Comprendre la mycose vaginale, Pertes blanches|0 Comments

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