Serviettes, tampons et mycoses vaginales, quelles relations ?

Quand on a une mycose vulvo vaginale, ou encore que l’on est sujette à des récidives de mycose vaginale, quelle protection choisir pendant les règles ?

Les tampons, les mycoses vaginales et les règles…
L’usage de tampons augmente le risque de mycoses génitales. Dans une travail de recherche, l’étude Sophy (1) menée auprès de plus de 2 500 femmes, 37,6 % des femmes utilisant des tampons ont une mycose contre 28,5 % des femmes n’utilisant pas de tampons. Notons qu’il s’agit de femmes en consultant un gynécologue pour quelque motif que ce soit. L’utilisation de tampons hygiéniques augmente nettement le risque de mycose vulvo-vaginale.

Pourquoi les tampons augmentent le risque de mycose génitale ?
Un tampon assèche la paroi vaginale et absorbe le biofilm contenant les lactobacille protecteurs de la muqueuse. Autrement dit, les bacilles de Döderlein contenues dans ce biofilm, bactéries bénéfiques pour le vagin vont se trouver absorbées sur le tampon au lieu de rester sur la paroi pour la protéger. La parois vaginale se trouve donc fragilisée.
D’autre part, au contact du tampon, la paroi vaginale s’assèche et subit des micro-traumatismes, des irritations propices au développement des candida albicans, agents de la mycose vulvo-vaginale.
Alors, quand la muqueuse vaginale est fragilisée, il vaut mieux éviter les tampons, au moins pendant un temps.

Les tampons-médicament, ça existe aussi !
Chez les femmes dont l’intimité est sensible, on observe donc des problèmes avec les tampons. Du coup, certains laboratoires ont fait des recherches pour proposer des tampons spéciaux qui n’irritent pas et même qui soignent les irritations ou préviennent les mycoses. Il existe donc
– des tampons aux extraits de thym pour son action anti-irritante, apaisante et antimycosique, donc préventive des mycoses génitales (Saugella cotton touch),
– des tampons aux probiotiques, pour reformer la flore et prévenir les mycoses vaginales (ex : Florgynal).
Ce sont d’excellents produits, non pour soigner une mycose vaginale en cours, mais pour prévenir, ou pour apaiser une  irritation.

Serviettes hygiéniques et mycose vulvo vaginale, c’est mieux ?
Les serviettes sont l’alternative principale aux tampons. Mais toutes les serviettes ne sont pas équivalentes !
Les serviettes imperméables à l’air provoquent des changements importants dans l’écologie de la vulve : la température s’y élève en moyenne de 1,1° et le nombre de micro-organismes (bactéries diverses par exemple) qui se multiplie est très élevé. D’où sans doute un risque accru d’infection (2).
Les serviettes plus aérées, donc perméables à l’air n’entraînent pas de modification de température, ni de variation du pH de la vulve (acidité ), ni d’augmentation du nombre de micro-organismes présents. Ce sont donc ces serviettes qu’il faut préférer.

Et les cups hygiéniques en cas de mycoses vulvo-vaginales ?
Les cups sont de mini bols de silicone souple à introduire dans le vagin pour recueillir le sang des règles. Elles s’appelle Lunacup, Mooncup, Divacup… Ces dispositifs n’absorbent pas le sang mais le gardent au fond de la cup. Est-ce mieux en cas de mycose (ou de muqueuse fragile). Pas sûr, car la cup tient en place parce que ses bords appuient sur la muqueuse vaginale. Cette pression pourrait sans doute agresser la muqueuse, même si le silicone est une matière douce. Donc la serviette perméable à l’air reste la solution la plus logique.

Au total, en cas de mycose en cours, récente ou récidivante, il faut privilégier des serviettes hygiéniques perméables à l’air et éviter les tampons.

– – –

Et vous, quelle protection utilisez-vous pendant vos règles ?
Cela a-t-il déjà eu une influence sur votre tendance à avoir une mycose vaginale ? Pensez à laisser un message ci-dessous en bas de la page dans notre zone de forum. Cela pourra servir à d’autres que vous ! On vous demande un nom, mais vous pouvez laisser un pseudo ; on vous demande un mail, mais, mais il n’apparaîtra pas… Discrétion oblige !

Sources :
– (1) Etude Sophy : Genazzani A.R., PRATO B : Sophy Project : evidence in intimate hygiene. Giorn.it.Ost.Gin.Vol XXVI – n7-8, 2005.
– (2) RUNEMAN B  and al
The vulvar skin microenvironment: influence of different panty liners on temperature, pH and microflora Acta Derm Venereol. 2004;84(4):277-84

Cet article a été écrit par un médecin.

(c) infosanteonline 2013

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By | 2016-05-27T22:12:47+00:00 26 septembre 2012|Hygiène Intime, Prévenir la mycose vaginale|5 Comments

5 Comments

  1. BA 30 janvier 2015 at 11 h 38 min - Reply

    Cup et mycose vaginale
    Je me demande si la cup ne serait pas, en partie, responsable de mes mycoses. Je n’en faisais plus et voilà que je viens d’en faire deux, juste après mes règles alors que j’utilise une cup.
    Le fait est que pendant la journée, au travail, il n’est pas facile de la nettoyer correctement. Parfois, je ne peux que l’essuyer et pas la rincer (tout dépend de la fréquentation dans les toilettes et si je peux utiliser ou les toilettes pour handicapés qui ont un lavabo). Aussi même si je la nettoie matin et soir et que je la stérilise, j’ai l’impression que la macération du sang dans le vagin n’est pas forcément une bonne chose.

    • Doctical 31 janvier 2015 at 23 h 25 min - Reply

      Réponse de médecin pour Doctical
      Si votre cup est en jeu sur la mycose, ce n’est sans doute pas spécialement à cause du sang ou de l’hygiène. C’est peut-être simplement la pression exercée par la cup sur la paroi vaginale. Notez aussi que certaines femmes ont des mycoses liées à la période des règles sans que l’on puisse incriminer quoi que ce soit, sauf sans doute les hormones. Je vous engage donc à tester un mois sans cup pour observer ce qui se passe. C’est le bon sens, et vous ne semblez pas en manquer !

  2. Louve 11 septembre 2013 at 21 h 35 min - Reply

    J’avais les petites lèvres irritées à chaque fois que j’utilisais des serviettes. Je suis passée a des serviettes jetables en coton bio et depuis plus de problèmes d’irritation. En plus elles sont plus fines pour la même absorption et moins chères que celles trouvées en grandes surfaces. Elles n’agressent pas la vulve et ne sont pas traitées chimiquement.

  3. Zaza 13 juin 2013 at 20 h 40 min - Reply

    Bonjour,

    Je suis porteuse depuis qques temps de la bactérie gardnerella et je me suis mise à utiliser la mooncup que j’apprécie bien. Le problème que je rencontre maintenant c’est que je lui trouve une odeur pas très agréable malgré que je l’ai bien nettoyé et stérilisée.
    Je me pose la question si c’est sain de l’utiliser avec cette bactérie. Si qqu’un a une réponse..!
    Aussi je vais reprendre mon traitement à l’extrait de pépins de raisin car j’ai vu sur les forums que c’était très efficace et inoffensif pour les bonnes bactéries.
    Je ne sais pas si j’aurais besoin de probiotiques… Pour refaire une flore vaginale, sachant que je m’alimente assez bien (pain complet au levain, yaourts bio, fruits légumes…).
    Merci de me renseigner.

  4. Lili 22 mars 2013 at 12 h 21 min - Reply

    Mycoses, écouter les réactions de son corps
    Je ne suis pas d’accord pour les cups 😐
    Contrairement aux serviettes qui finissaient toujours par m’irriter la vulve, la cup m’a très largement aidé contre les récidives !

    Peut être qu’avec la cup il y a une pression « agressive » contre la muqueuse mais selon moi, c’est rien comparé aux frottements et l’inconfort des serviettes ! 😉

    Réponse de médecin pour Doctical
    Vous avez raison de constater que tout dépend des femmes. Certaines serviettes sont très irritantes pour certaines femmes. En revanches, pour d’autres, les cups sont sources de mycoses à cause de la pression contre les parois vaginales. Alors, il est très important d’écouter les réactions de son corps…

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