Quel traitement devez-vous éviter en cas de mycose vaginale pendant une grossesse ?

Pendant une grossesse, certains traitements des mycoses vaginales sont dangereux, interdits, fortement déconseillés ou à manier avec précautions.
Une femme enceinte est à haut risque de mycose vaginale, à cause des hormones de la grossesse qui facilitent la formation d’un milieu propice au développement des levures (champignons) présentes dans l’organisme, le plus souvent des candida albicans.
Et pendant une grossesse, il faut limiter le plus possible les médicaments afin de ne pas agresser l’enfant à naître ni entraîner de risque pour la grossesse. Parce qu’on l’aime déjà, on n’a pas envie de lui faire du mal !
Donc :

En cas de mycose pendant la grossesse, il ne faut pas prendre n’importe quoi !


Quel traitement faut-il vraiment éviter en cas de mycose vaginale chez une femme enceinte ?

Les traitements par voie orale sont tous à éviter
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) préconise de ne pas utiliser ces traitements par voie orale pour une femme enceinte atteinte de mycose vaginale (candidose vaginale). Pourquoi ? Parce que l’on ignore leur degré d’innocuité et d’efficacité. En clair, on n’est pas certain qu’ils soient inoffensifs pendant la grossesse (ils pourraient être toxique pour l’enfant à naître ou pour la poursuite de la grossesse). Et en plus, on n’est pas du tout certain qu’ils puissent être plus efficaces que les traitements locaux.
En cas de mycose vaginale chez une femme enceinte, les traitements en comprimés sont donc interdits les traitements.

Ces traitements par voie générale à ne pas utiliser pendant une grossesse sont donc :
– Triflucan®, Beagyne®, Orofluco® ou Fluconazole (nom chimique de la molécule utilisée pour tous ces médicaments).
Voici l’avis de l’OMS (organisation Mondiale de la santé :
« L’expérimentation animale a montré un effet tératogène (malformations chez le fœtus) à forte dose ».
Les laboratoires qui fabriquent ces médicaments spécifient : « Les études expérimentales chez l’animal ne permettent pas d’exclure la possibilité d’un effet tératogène (malformation chez l’enfant à naître) et dans l’espèce humaine les données sont insuffisantes pour préciser le risque. Par conséquent, la prescription du fluconazole est contre-indiquée pendant la grossesse »
Ou encore : « Ce médicament ne doit pas être utilisé pendant la grossesse, l’allaitement ». Un laboratoire précise : « Ce médicament est contre-indiqué pendant la grossesse, sauf si la mycose traitée présente un risque mortel » !
Cela signifie qu’en cas de mycose vaginale il ne faut pas prendre ce médicament. Mais bien sûr dans une mycose gravissime généralisée à tout l’organisme et mettant la vie en danger, ce qui peut se produire chez les personnes ayant une maladie affaiblissant leur immunité, un médecin peut décider tout de même de prendre le risque de prescrire ce médicament.

Pour la revue Prescrire (2011, une revue de référence dans le monde médical) : Le Fluconazole à forte dose (400 à 800 mg par jour) en prise prolongée est contre-indiqué au cours du premier trimestre de grossesse à cause du risque tératogène (malformation des enfants) (Prescrire Rédaction, 2011).
L’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de Santé) précise : « Ce médicament ne doit pas être utilisé pendant la grossesse et en période d’allaitement, sauf avis médical ».
Notons tout de même que le CRAT (centre de référence pour les risques de malformations chez l’enfant), lui, affirme que « Dans les candidoses vaginales, en cas d’échec des traitements locaux, une prise unique de 150 mg de fluconazole est possible quel que soit le terme de la grossesse ». Franchement, vu l’avis de l’OMS et de l’ANSM, peu de médecins ont envie de le prescrire à une femme ! Cela dit, si vous en avez pris, l’avis du CRAT  signifie que l’on n’a encore vu aucune catastrophe !

– Mycostatine® (Nystatine). Le laboratoire spécifie : « le suivi de grossesses exposées à la nystatine est insuffisant pour exclure tout risque ». L’OMS précise que « l’innocuité chez la femme enceinte n’a pas été établie ».
Donc on ne sait pas trop si c’est dangereux, donc à éviter.

Les traitements locaux à éviter

– Le Lomexin® (Fenticonazole) : des études réalisées chez l’animal, après administration de Fenticonazole ont montré une potentielle embryotoxicité et foetotoxicité, rendant son utilisation déconseillée au cours de la grossesse.
Le laboratoire indique : « En conséquence, par mesure de précaution, il est préférable de ne pas utiliser le nitrate de fenticonazole pendant la grossesse ».
– Le Polygynax® ou le Tergynan®. Ils contiennent de la Nystatine associée à la néomycine, un antibiotique responsable d’une toxicité sur l’oreille du nouveau-né. Ainsi quand on est enceinte et que l’on a une mycose vaginale, il faut ainsi éviter ces médicaments car les substances qu’ils contiennent pourraient passer dans la circulation et atteinte l’enfant à naître, en particulier au niveau de son audition.

Quel traitement prendre en cas de mycose vaginale pendant une grossesse ?
D’après le Centre de Référence sur les Agents Tératogènes (CRAT qui étudie si les médicaments sont toxiques pour l’enfant à naître et en particulier s’ils peuvent entraîner des malformations) :
Les meilleurs traitements d’une mycose vaginale pendant toute la grossesse, ce sont :

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Information

Vous souhaitez soigner une mycose intime par une méthode naturelle pendant votre grossesse ?
Nos médecins ont travaillé pour mettre à votre disposition un dossier très pratique sur une méthode efficace de traitement. Il s’agit d’un traitement naturel, sans danger pour soigner une mycose vaginale ou vulvaire. Il est fait pour vous si vous ne souhaitez pas utiliser de traitement chimique ni d’huiles essentielles (déconseillées pendant une grossesse). Lisez la suite…

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Suite de l’article :

Le numéro 1 sur le podium

– Le Gyno-Daktarin® (Miconazole) qui est LE médicament antimycosique vaginal le mieux connus en cours de grossesse. L’avis de l’OMS : « Sa résorption transcutanée étant très faible, le Miconazole peut, sans danger, être utilisé en topique pendant la grossesse et l’allaitement. Aucun effet indésirable n’a été signalé chez les enfants dont la mère était sous Miconazole  pendant la grossesse ou l’allaitement ».
L’avis du CRAT (Centre de référence sur les agents tératogènes, les médicaments entraînant des malformations de l’enfant à naître) : « L’utilisation du Miconazole est possible quel que soit le terme de la grossesse ».
Le laboratoire spécifie cependant que « En clinique, l’analyse d’un nombre élevé de grossesses exposées n’a apparemment révélé aucun effet malformatif ou foetotoxique particulier de ce médicament. Toutefois, seules des études épidémiologiques permettraient de vérifier l’absence de risque. En conséquence, ce traitement peut être prescrit pendant la grossesse si besoin. ». En clair, il n’y a jamais eu de problème décrit, mais cela ne signifie pas qu’il n’y en aura pas.
A noter : nous n’avons absolument aucun lien avec le laboratoire fabriquant ce médicament : ce n’est pas de la publicité.

Le numéro 2 sur le podium :
– L’Econazole (Gyno-Pevaryl®, Myleugyne,® Gynopura®). D’après le laboratoire : « Aucun effet néfaste pour l’enfant à naître n’a été établi avec ce médicament. Il peut être prescrit pendant la grossesse ».
Mais le CRAT précise : « On préférera le miconazole (Daktarin®), antifongique local le mieux connu en cours de grossesse ».

Après le premier trimestre de grossesse, on peut aussi utiliser en cas de mycose vaginale 

D’autres choix de médicaments qu’il vaut mieux n’utiliser qu’à partir du 2ème trimestre de grossesse et éviter pendant le premier trimestre :
– Mycohydralin® (Clotrimazole ) : L’avis de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) : La résorption transcutanée du Clotrimazole étant très faible, le produit utilisé en topique est sans danger chez la femme enceinte ou allaitante. L’avis du CRAT : « L’utilisation du clotrimazole est possible quel que soit le terme de la grossesse ».
L’avis du laboratoire qui le fabrique et le commercialise : « L’effet de ce médicament pendant la grossesse ou l’allaitement est mal connu. L’évaluation du risque éventuel lié à son utilisation est individuelle : demandez conseil à votre pharmacien ou à votre médecin ».
En clair, par principe de précaution, le laboratoire ne peut pas vous garantir qu’il n’existe aucun risque.

– Fazol® (Isoconazole ). L’avis du CRAT : « On préférera le Clotrimazole (Mycohydralin®) ou le Miconazole (Daktarin®), antifongiques vaginaux mieux connus en cours de grossesse. Si l’Isoconazole présente un avantage thérapeutique, son utilisation est envisageable en cours de grossesse« .

– Monazol® (Sertaconazole). L’avis du CRAT toujours : « On préférera le Clotrimazole (Mycohydralin®) ou le Miconazole (Daktarin®), antifongiques vaginaux mieux connus en cours de grossesse ».
– Gyno-Trosyd (Tioconazole) : L’avis du CRAT : « On préférera le Clotrimazole (Mycohydralin®) ou le Miconazole (Daktarin®), antifongiques vaginaux mieux connus en cours de grossesse ».

Au total,  quelques conseils en cas de mycose vaginale pendant une grossesse
– Il ne faut pas prendre de traitement d’une mycose vaginale par voie générale (par la bouche, en comprimés ou gélules) quand on est enceinte.
– Et pour un traitement local de la mycose vaginale par voie vaginale (ovule, crème), il faut se cantonner aux médicaments les mieux étudiés, en priorité le Gyno-Daktarin®.
– Et surtout, si l’on n’est pas certaine d’avoir une mycose, il ne faut pas prendre de médicament inutile ! En effet, beaucoup de femmes ont des pertes plus abondantes pendant une grossesse, ce n’est pas spécialement un signe de mycose et les médicaments ne serviraient à rien.
– Quand il y a bien une mycose, il faut la traiter à cause du risque (minime) que court l’enfant à naître. (un article est prévu sur ce sujet)

– Et puis, il semble préférable de prendre un traitement médical sur plusieurs jours plutôt qu’un traitement très fort en une seule fois. En effet, la destruction brutale des levures (candida albicans ou autres) peut augmenter momentanément l’irritation et la gène. Donc nous vous recommandons un traitement plus doux et progressif, sachant qu’il est aussi efficace. Les traitement en une seule fois ont été formulés pour que ce soit plus pratique, mais ils ne sont pas plus efficaces.

Et le traitement naturel des mycoses pendant la grossesse ?
Nous avons tout un dossier sur le traitement naturel des mycoses et nous recevons beaucoup de remerciements ! Mais ce dossier traite du traitement des mycoses par les huiles essentielles qui sont déconseillées en cas de grossesse par précaution, car en application locale, leurs composants sont susceptibles de passer dans l’organisme et d’atteindre l’enfant à naître. Donc nous ne pouvons pas vous les conseiller.
C’est pourquoi nous avons réalisé un dossier en étudiant d’autres traitements naturels, et cette fois, ils sont à la fois très efficaces et utilisables pendant la grossesse en toute sécurité. Ce guide est enfin disponible ici.

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Cet article a été rédigé par un médecin.
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