Dr C. Solano sexologue et andrologue

Une opération pour un cancer de la prostate, ça vous enlève la prostate, et les cellules cancéreuses. C’est peut-être un soulagement, mais les suites de l’opération ne sont pas pour autant toujours une partie de plaisir… L’opération s’appelle une prostatectomie radicale.

La chance d’avoir accès à des soin de qualité !
Tout d’abord, nous sommes en 2020, et nous avons la chance de pouvoir être opéré avec une prise en charge de qualité, d’avoir accès à des chirurgiens urologues très compétents formés méthodes les plus modernes et suivant l’avancée de la science. Je commence par dire ça car ça me semble vraiment important d’en être conscient. Il y a 20 ans, ce n’était pas aussi au point ! Donc quand on détecte un cancer de la prostate, c’est une chance énorme de vivre à notre époque où la chirurgie de la prostate a fait d’immense progrès.

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Le mardi 28 avril 2020 de 10 h à 12 h, une réunion a lieu à l’hôpital Port Royal (Paris), animée par le Dr Solano, médecin sexologue et andrologue.
Si vous vous posez des questions concrètes ou que vous avez envie échanger avec des hommes qui sont passés par là, nous vous proposons de venir à cette réunion. Au programme, un homme opéré il y a quelques années témoignera de l’évolution après l’opération. Vous pourrez ensuite échanger entre hommes. Mais personne n’est obligé de parler ou de témoigner.
Les personnes présentes s’engagent simplement à garder le secret sur l’identité des participants et sur ce qui se dit dans le groupe. L’anonymat est respecté.

Pour vous inscrire, envoyez un mail à [email protected] 
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Prostatectomie radicale : tout de suite après l’opération

Après l’anesthésie générale pour opérer un cancer de la prostate.
On peut se sentir « dans le potage », car l’opération dure assez longtemps, plusieurs heures.
On peut ressentir des nausées, ou avoir des vomissements et ressentir des douleurs. Mais cela passe rapidement.

La perfusion
Au réveil, vous avez une perfusion qui a servi à passer les médicaments de l’anesthésie pendant l’opération de prostatectomie radicale. On la garde en place quelques jours au cas où vous ayez besoin d’autres médicaments comme des antibiotiques, etc.

Le pansement
Au niveau des zones où le chirurgien vous a ouvert pour opérer votre prostate, vous aurez des pansements. Rien de grave, mais il faut protéger les zones le temps qu’elles cicatrisent.

La sonde urinaire
Quand on se réveille d’une prostatectomie radicale, on a une sonde urinaire. Pourquoi ? Parce que l’urètre a été touché par l’opération et la sonde lui permet de cicatriser sans que de l’urine passe sur cette cicatrice… On garde cette zone une à deux semaines approximativement.

Les saignements
C’est normal de saigner après l’opération de la prostate. Après tout, le chirurgien a coupé cette prostate, il faut bien que le corps cicatrise. Les urines peuvent donc contenir du sang. Cela n’a rien d’inquiétant ! Même si ce n’est pas très agréable évidemment. Cela dure généralement quelques jours.

Les chaussettes de contention
On vous demande de porter des chaussettes qui serrent afin d’éviter que se forme un caillot dans vos veines. En effet, une opération entraîne un risque de caillot et une complication parfois très grave qui s’appelle une embolie pulmonaire. C’est aussi pour cela qu’on vous demandera de bouger vos jambes et de vous lever, pour éviter la formation de caillot.

Prostatectomie radicale, un peu plus tard après l’opération

Sur le plan urinaire
Après l’opération, il y a toujours des fuites urinaires. Heureusement, elles ont tendance durer seulement quelques semaines à quelques mois. Pour certains, tout va bien en 15 jours et pour d’autres il faut 6 à 9 mois, parfois même 2 ans. Mais il est possible d’aider le corps à mieux fonctionner grâce à de la rééducation. Dans les cas où ces fuites urinaires restent très gênantes, une opération pour mettre en place un implant est possible (sphincter artificiel).

Sur le plan de l’érection
Actuellement, quand c’est possible, le chirurgien préserve les nerfs érectiles qui sont collés à la prostate. Cependant, ils sont forcément étirés et atteints par l’opération. Aussi un dysfonctionnement de l’érection est-il constant après l’opération. Petit à petit, les nerfs cicatrisent et les érections réapparaissent. Bien sûr, si l’érection était bonne avant l’opération, la récupération est meilleure que si les érections étaient déjà mauvaise qualité avant la prostatectomie.
Il existe des traitements pour aider à récupérer les érections.
Attention parfois le chirurgien ne peut pas préserver les nerfs érectiles, car le cancer passe à ce niveau et il est important d’ôter toutes les cellules cancéreuses. Même dans ce cas, des traitements sont possibles pour retrouver une sexualité.

Sur le plan de l’éjaculation
Quand on a subi une prostatectomie radicale, il n’y a plus d’éjaculation. Il n’est plus possible d’avoir d’enfant après cette opération. C’est peut-être ce qui est le plus difficile à accepter pour un homme. Cependant, l’orgasme continue à se produire et la sensation de plaisir également.

La taille du pénis
Sa taille peut sembler avoir diminué. Bien sûr, le chirurgien n’y a pas touché. Mais comme il ôte la prostate et l’urètre qui lui correspond, l’urètre devenu plus court tire sur le pénis. Les corps érectiles ont exactement la même taille, mais ils ont tendance à être siège d’une traction vers l’intérieur. Mais la bonne nouvelle, c’est que c’est réversible : en un an à peu près, la verge retrouve sa taillle… Ouf !

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