Combien d'éjaculations contre le cancer de la prostate ?

⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ Dr C. Solano, médecin sexologue  et  andrologue

Combien d’éjaculations contre le cancer de prostate ? Est-ce vraiment possible que ce plaisir orgasmique diminue le risque d’avoir un jour un cancer de la prostate ? Peut-être bien. Car ce n’est pas une blague, c’est un effet que plusieurs études scientifiques ont observé. Oui, mais combien d’éjaculations contre ce cancer de prostate exactement ?  Si vraiment des éjaculations fréquentes pouvaient constituer une sorte de prévention pour le cancer de la prostate, ce serait une bonne nouvelle non ? Voici un petit résumé des études disponibles…

cancer de prostate éjaculation

Avec 21 éjaculations par mois ou plus ?

Alors, combien d’éjaculations contre ce cancer de la prostate. C’est pour répondre à cette question qu’une vaste étude américaine a été menée. Résutat, elle on observe qu’à partir de 21 éjaculations par mois ou davantage, le risque d’avoir un cancer de la prostate était de 20 % moins élevé par rapport à des hommes ayant 4 à 7 éjaculations par mois (1).

C’est quoi le nombre d’éjaculations ? C’est le nombre d’éjaculations pendant un rapport sexuel + au cours de la masturbation + les éjaculations nocturnes.

Plus de 31 000 hommes ont été suivis dans cette étude entre 1992 et 2010 et l’on a découvert un cancer de la prostate chez 3839 hommes.
Les auteurs concluent que cette vaste étude fournit les preuves des preuves solides d’un rôle bénéfique de l’éjaculation dans la prévention du cancer de la prostate. Ils pensent même que cela pourrait entraîner des économies de santé.

Cependant, il y a un bémol : cette diminution de risque concerne essentiellement les cancers de la prostate à faible risque, et semble moins fortement associée à la diminution de risque des cancers agressifs, plus graves.

Les éjaculations protègent-elles vraiment du cancer de la prostate ?

Un doute subsiste : ces études montre que les hommes qui éjaculent plus souvent présentent moins de cancers de la prostate. Il s’agit d’une association de faits, non d’une preuve de cause à effet. Il se pourrait par exemple que les hommes ayant des éjaculations plus fréquentes aient un mode de vie entraînant moins de risque de cancer de la prostate. Par exemple, une meilleure entente de couple, ou un moindre stress, ou un lâcher prise plus facile, ce qui peut-être pourrait constituer un facteur « anti-cancer ». C’est pour cela que les chercheurs concluent qu’il faut continuer à étudier ce sujet !

Plus de 5 éjaculations par semaine ?

Dans une étude australienne (2), les hommes ayant de 5 à 7 fois éjaculations par semaine avaient 36 % de chances en moins de contracter un cancer de prostate avant 70 ans, par rapport aux hommes ayant entre 2 et 3 éjaculations en une semaine

Les résultats de cette étude australienne portent sur plus de 2300 hommes et ont été publiés en 2003.

Pourquoi l’éjaculation pourrait-elle diminuer le risque de cancer de la prostate ?

On ne sait pas exactement par quel mécanisme l’éjaculation serait susceptible de diminuer le risque de cancer de prostate.
L’éjaculation pourrait protéger la prostate en exerçant une sorte de nettoyage à chaque éjaculation. En effet, la prostate produit un liquide prostatique qui est un composant du sperme. Chaque éjaculation expulse du liquide prostatique, ce qui pourrait éliminer certaines substances chimiques qu’il contient, au lieu de le garder longtemps au contact des cellules prostatiques. Cette dynamique pourrait diminuer le risque d’inflammation chronique qui est un facteur de risque des cancers.

D’autre part, lors de l’éjaculation, la prostate se contracte, et cela pourrait avoir une action bénéfique sur le tissu prostatique.

Une autre théorie est que le drainage fréquent du liquide prostatique empêcherait la formation de micro calcifications qui ont été associées au cancer de la prostate.

Les éjaculations protègent-elles vraiment du cancer de la prostate ?

Un doute subsiste : ces études montre que les hommes qui éjaculent plus souvent présentent moins de cancers de la prostate. Il s’agit d’une association de faits, non d’une preuve de cause à effet. Il se pourrait par exemple que les hommes ayant des éjaculations plus fréquentes aient un mode de vie entraînant moins de risque de cancer de la prostate. Par exemple, une meilleure entente de couple, ou un moindre stress, ou un lâcher prise plus facile, ce qui peut-être pourrait constituer un facteur « anti-cancer ». C’est pour cela que les chercheurs concluent qu’il faut continuer à étudier ce sujet !

Sources :
(1) J. R. Rider, K. M. Wilsona, J. A. Sinnotta, R.S. Kellyc, L. A. Muccia, E. L. Giovannuccia, Ejaculation Frequency and Risk of Prostate Cancer: Updated Results with an Additional Decade of Follow-up. Eur Urol. 2016 December ; 70(6): 974–982. doi:10.1016/j.eururo.2016.03.027
(2) – G.G. Giles, G. Severi, D.R. English, M.R.E. McCredie, R. Borland, P. Boyle, J.L. Hopper. Sexual factors and prostate cancer 23 July 2003 BJU international https://doi.org/10.1046/j.1464-410X.2003.04319.x

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Photo : Justin Shaifer provenant de Pexels

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