Soigner les mycoses génitales, c’est bien, mais prévenir, quand les mycoses vaginales sont fréquentes, récidivantes, c’est encore mieux. Les probiotiques sont une piste très intéressante.

La mycose vulvovaginale survient quand la flore vaginale est déséquilibrée

En effet, normalement, les bacilles de la flore vaginales sont de bons microbes amis de notre corps qui empêchement le développement des mycoses vaginales ou des bactéries agressives.
Si les candida albicans, agents des mycoses vaginales se développent jusqu’à provoquer une mycose génitale, c’est donc que les bacilles de Doderlein, microbes amis ne sont pas suffisamment puissants. D’où l’idée d’introduire dans le vagin des extraits de flore vaginale (ou probiotiques ou lactobacilles) pour la ré-ensemencer, et lui permettre de se multiplier afin de mieux défendre l’écologie du vagin.

Les probiotiques, quel effet contre les mycoses vulvovaginales ?

Les probiotiques diminuent de moitié les récidives de mycoses vulvovaginales.
Une étude nommée Candiflore (1) a comparé le risque de récidive de mycose vaginale chez des femmes traitées ou non traitées par des probiotiques. Cette étude a enrôlé des femmes souffrant de mycoses vulvovaginales récidivantes (MVVR).
Elles avaient souffert d’au moins 4 épisodes de mycose vaginale dans l’année écoulée dont au moins 2 épisodes avec un examen mycologique prouvant qu’ils s’agissait bien de mycoses vulvo vaginales.

Résultat 6 mois plus tard : Pendant les 6 mois de traitement, les femmes ayant pris des probiotiques avaient eu près de deux fois moins de mycoses vulvo vaginales : 56,6 % n’avaient pas eu de récidive, alors que parmi les femmes non traitées, seules 28,9 % n’en avait pas eu.

Les probiotiques améliorent la qualité de vie des femmes souffrant de MVVR

– Douleurs pendant les relations sexuelles : Les femmes soignées par probiotiques sont 27,9% à s’en plaindre pour 45,4% chez les femmes n’en prenant pas.
– Sensations de brûlures : 27,5 % en ont alors que sans traitement, elles sont 39,5% à se plaindre du même problème.
– Fissures vulvovaginales : 9 % en rapportent avec le traitement par probiotiques au lieu de 19,3 % sans ce traitement.
Pertes abondantes : elles sont observées chez 33,4% des femmes traitées par probiotiques pour 53,8% chez les femmes sans ce traitement.
– Qualité de vie : elle est améliorée chez 48,9% des femmes prenant des probiotiques pour 26,1 % des femmes n’en prenant pas.

Probiotiques, un effet positif mais insuffisant contre les mycoses vulvovaginales récidivantes !

En effet, les probiotiques par voie vaginale diminuent de moitié les risques de récidive, la quantité de pertes blanches, l’inconfort vaginal, les douleurs pendant les rapports sexuels… Mais seulement de moitié. Toutes les femmes ne perçoivent donc pas un mieux évident. C’est donc un traitement d’appoint qui ne suffit généralement pas à guérir totalement les mycoses vulvovaginales récidivantes.

Comment prendre des probiotiques par voie vaginale contre les mycoses vulvovaginales ?

L’étude que nous citons été réalisée avec les capsules vaginales « Gynophilus » (nom de vente) contenant du Lactobacillus casei rhamnosus Döderleini (culture lyophilisée 341 mg, titrant au minimum 109 germes par gramme). La dose utilisée était d’une capsule par voie vaginale matin et soir pendant une semaine, puis une capsule tous les soirs ensuite pendant 6 mois.
Cette capsule se place au fond du vagin après avoir été humidifiée pour en faciliter la mise en place.

Il existe d’autres marques de probiotiques en utilisation vaginale comme :
Bactigyn (Culture lyophilisée de Lactobacillus Rhamnosus et de Lactobacillus Acidophilus 150 mg, titrant au minimum 2.109 lactobacilles par gélule). Il est recommandé à une gélule par jour pendant 5 jours, ce qui semble très peu. Prix : 10,80 € pour 10 gélules vaginales.
– Mycoress culture lyophilisée de Lactobacillus Crispatus et de Lactobacillus Acidophilus 150 mg, titrant au minimum 2.109 lactobacilles par gélules. Il est recommandé de prendre une gélule par jour pendant 5 jours, ce qui semble ici encore très peu. Prix indicatif : 13,80 € pour 10 gélules vaginales.
Provacare (Lactobacillus casei rhamnosus ) qui semble moins concentré en probiotiques.
29,99 $ les 14 capsules gynécologiques.

Les médicaments qui ne sont pas ce qu’il vous faut pour les mycoses vaginales :

Deux médicaments, le Trophigyl et le Florgynal contiennent aussi des probiotiques (Bacilles de Doderlein) à utilisation vaginale. Mais ils contiennent aussi des hormones de type estrogènes et sont donc réservés aux femmes en période de ménopause. Ils ne sont pas adaptés à la prévention ou au soin des mycoses vulvovaginales.

Le Géliofil, lui, contient de l’acide lactique, mais pas de probiotiques (contrairement à ce que l’on peut lire sur certains sites internet). Or, dans les mycoses, c’est l’acidité qui permet aux candida de se développer. Ce n’est donc pas le médicament adapté. Même remarque pour Prevegyn qui contient de l’acide ascorbique et non des probiotiques.

Les tampons vaginaux aux probiotiques

Pour les femmes ayant souvent des mycoses après leurs règles, il existe des tampons imprégnés de probiotiques : Florgynal tampon probiotique. Ils servent donc à la fois à absorber le sang des règles et en même temps à apporter des probiotiques dans le vagin. Ils permettent d’éviter l’insertion de capsules dans le vagin. L’idée est excellente.
Ce que nous aimons moins, c’est que nous n’avons nulle part trouvé quels probiotiques sont contenus dans ces tampons ! On aimerait le savoir… Et lire des études sur leur efficacité.

Et les probiotiques par voie orale contre les mycoses vaginales ?

Les probiotiques existent aussi à prendre par voie orale. Avaler un comprimé, c’est plus pratique que d’insérer un ovule dans le vagin. Oui, mais est-ce aussi efficace ? Plus efficace ? Moins efficace contre les mycoses vaginales ? Lire la suite…

Et les PREbiotiques contre les mycoses vaginales ?

Les prébiotiques sont très intéressants aussi. Il s’agit de substances ayant pour effet de stimuler votre flore vaginale naturelle, donc vos propres probiotiques. Ils ont un effet parfois plus durable que les probiotiques… Lire l’article sur les prébiotiques.
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Et vous avez-vous déjà utilisé des probiotiques par voie vaginale ?

Pensez à laisser un message ci-dessous en bas de la page dans notre forum. Cela pourra servir à d’autres femmes que vous ! On vous demande un nom, mais vous pouvez utiliser un pseudo. On vous demande un mail, mais il n’apparaîtra pas… Discrétion oblige !

Sources (1) : Traitement de la candidose vulvovaginale récidivante par probiotique vaginal : résultats de l’étude observationnelle Candiflore. AM. Kern, JM Bohbot, JM Cardot. La lettre du gynécologue n° 370, mars 2012.

Cet article a été rédigé par un médecin.

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