Dr N. Szapiro

Le stress atteint aussi les enfants. Le repérer, ce stress, déceler leur anxiété, c’est un des rôles des parents. Simplement pour aider leurs enfants à apaiser ce stress, à trouver des solutions. Car il serait dommage de ne pas dépister leurs angoisses, de ne pas voir les signes et de les laisser seuls faces à cette anxiété… Surtout si cela dure. Et malheureusement, le stress des enfants et des adolescents est souvent sous-estimé.

Les signes d’alerte du stress chez les enfants

Un enfant ou un adolescent ne verbalise pas forcément ses angoisses, son stress. En revanche, il existe des symptômes qui peuvent alerter :
– des maux de ventre récurrents sans aucune cause médicale retrouvée doivent donner l’alerte,
– un mal de dos qui s’installe,
– des troubles du sommeil,
– troubles du comportement alimentaire,
– changements brusques de l’humeur, (passivité, colère, irritabilité…)
– troubles de la concentration,
– une chute des résultats scolaires.

Un piège, chez la fillette en âge d’être réglée, ou chez le garçon adolescent, c’est de tout mettre sur le compte de sa puberté et donc, de sous-estimer ce stress chronique et la souffrance qu’il engendre.

Les causes de stress chez l’enfant

Les enfants ne manquent pas de motifs pour stresser. Les sources de stress auxquelles il faut penser peuvent être les suivantes :
– deuil,
– divorce des parents,
– déménagement (le sien ou celui de son meilleur ami),
– harcèlement scolaire,
– échec scolaire,
– etc.

La résistance au stress chez les enfants

Certains enfants ou adolescents résistent mieux que d’autres au stress, notamment parce qu’ils ont un caractère plus optimiste et/ou qu’ils se trouvent des dérivatifs (loisirs, sports, etc.), ce qui représente une aide pour supporter le stress lié à des événements variés. Mais quand l’enfant se sent dépassé et ressent la peur de ne pas y arriver, les troubles apparaissent. C’est le cas quand la situation stressante dure trop longtemps et que l’anxiété n’est pas contenue.

Quand le stress dure chez l’enfant…

Tout le monde, un enfant comme un adulte, peut être stressé par une nouvelle (bonne ou mauvaise) venant perturber le quotidien. On peut également se sentir stressé par quelqu’un, par un évènement inopiné, etc. Le cœur du problème n’est pas tant le stress que sa durée : en effet, face à un stress ponctuel, l’organisme commence par s’adapter (on parle de Syndrome Général d’Adaptation ou S.G.A). Il développe des moyens de défense et résiste. Mais quand la situation stressante ou le sentiment situation d’anxiété dure trop longtemps,  l’organisme de l’enfant finit par s’épuiser et c’est pour cela que les problèmes surviennent.

Bon et mauvais stress, stress ponctuel ou durable ?

Parfois, l’enfant ressent un bon stress : le stress déclenche naturellement la production d’adrénaline et de cortisol. A petites doses et de façon ponctuelle, ces hormones stimulent en mobilisant l’énergie, et elles aident l’enfant à trouver des solutions et à faire les efforts nécessaires pour surmonter la situation. C’est le bon stress.
Parfois, il s’agit de mauvais stress : quand la source de stress perdure, la sécrétion de ces substances devient envahissante au point de tout bloquer. Impossible de s’adapter, d’avancer, de comprendre, de prendre des décisions car le bon fonctionnement du cerveau se trouve perturbé. C’est le mauvais stress. Au-delà du cerveau, le corps entier est atteint par le stress chronique, avec une tension artérielle permanente trop élevée, des muscles trop crispés, des fonctions automatiques qui s’enrayent (digestion par exemple), sommeil, etc…

Déceler le stress de l’enfant, puis en comprendre les causes

L’idéal est de comprendre ce qui ne va pas chez l’enfant stressé pour agir directement à la source… Mais l’enfant n’est pas toujours capable de l’expliquer verbalement. Et il n’est pas toujours facile non plus de faire changer le monde autour de soi !
Alors, pour aider l’enfant dans une situation que l’on ne peut pas ou peu changer, il faut trouver des solutions pour apaiser son anxiété. Quelles solutions ?
– le rire,
– les pauses détente,
– l’activité physique,
– la relaxation – en demandant par exemple à son enfant de fermer les yeux et de s’imaginer sur sa plage préférée – ça aide !
– la méditation,
– le jeu,
– répondre à ses questions existentielles,
– les paroles valorisantes, compliments.
Il s’agit donc d’être là, présent contre le stress, de lui apprendre des outils pour diminuer son stress et aussi de l’encourager avec des petites phrases positives et motivantes, lui redonner confiance en insistant sur les réussites et en relativisant les échecs («ce sera pour une autre fois», «ça prend du temps pour y arriver», etc.), c’est important.

Et si mon enfant reste stressé ?

J’ai tout essayé et mon enfant reste stressé…
Malgré tout, si rien n’y fait, cela vaut la peine de consulter le médecin ou le pédopsychiatre pour débloquer la situation. En effet, laisser un enfant stressé pendant des années va habituer son cerveau à un fonctionnement toxique. Si un peu de stress est inévitable, il ne faut pas laisser un enfant s’enfoncer dans un stress chronique, mais réagir et trouver des solutions.

Au total, les adultes n’ont pas le monopole du stress ou de l’anxiété aux effets parfois dévastateurs. Les enfants et les adolescents peuvent aussi en subir les conséquences. Encore faut-il que leurs proches s’en aperçoivent et trouvent des solutions contre ce stress…

Sources :

«Tout est là, juste là : méditation de pleine conscience pour les enfants et les ados aussi», Jeanne Siaud Facchin, éd. Odile Jacob, 2014
Soins Pédiatrie : «La gestion du stress de l’enfant», N°238, 2007 : www.em-consulte.com/en/article/139025.
– A lire : calme et attentif comme une grenouille, la méditation pour les enfants avec leurs parents.
– A lire aussi : Ces enfants malades du stress du Dr Gisèle George.