Cancer, les 5 chocs
1 - Le choc de l’annonce
Quand on a un cancer de la prostate, le premier choc, c’est le choc de l’annonce du cancer : savoir que notre corps héberge des cellules cancéreuses, cela entraîne beaucoup de questions. Est-ce que ce cancer va me faire mourir ? Combien de temps je vais vivre avec ce cancer ? Est-ce que ce cancer peut guérir ? Est-ce que les traitements vont être très durs ? Est-ce que je vais devoir être en arrêt maladie ? Est-ce que je vais m’en sortir financièrement ? Comment va se débrouiller ma famille ? Est-ce que je vais réussir à supporter ça sans faire de dépression ? Des dizaines de questions se posent et tournent en boucle dans la tête et ce ne sont que des exemples, il en existe bien d’autres.
2 - Le choc des traitements
Le deuxième choc, c’est le choc des traitements. Ce n’est pas facile de se réveiller d’une prostatectomie radicale avec une sonde. Ce n’est pas facile d’avoir des rendez-vous très fréquents pour une radiothérapie. Ce n’est pas facile d’accepter qu’on vous place des grains radioactifs dans la prostate. Ce n’est pas facile d’accepter une hormonothérapie, qui est une castration chimique.
3 - Le choc de la ou du partenaire
Le troisième choc, c’est le choc de la partenaire (ou du partenaire). Et on le reçoit en ricochet. Sa réaction peut-être un soutien sans faille, parfois même un changement relationnel qui fait qu’elle (il) passe de la place d’une amante (ou un amant) à une place plus maternelle qui ne fait pas forcément plaisir.
Sa réaction, peut-être l’angoisse, voire la dépression. Et c’est parfois à l’homme de rassurer sa (son) partenaire, alors que c’est lui qui est malade…
4 - Le choc pour l’entourage
Les amis, la famille ne réagissent pas toujours comme l’imaginiez. Certains s’éloignent, pas forcément par désintérêt, mais parce que l’événement peut activer des peurs chez eux. D’autres au contraire se révèlent être des personnes sur qui l’on peut compter, et ce ne sont pas toujours celles auxquelles on se serait attendu.
5 - Le choc des échanges avec le milieu médical.
On a un cancer, on se sent fragile, on a besoin de soutien, et malheureusement, parfois on se sent comme un numéro en consultation, à l’opération, en radiothérapie. L’équipe soignante n’est pas toujours autant aux petits soins que l’on en aurait besoin… Même si on peut comprendre que le manque de personnel rend très difficile un suivi cinq étoiles. Mais, on estime qu’avec un cancer on le mériterait ce suivi 5 étoiles, et que l’on mériterait même six étoiles. Et l’on a raison !
Et puis, un dernier choc quand tout va bien… d’après les autres. Il s’agit du choc à l’arrêt des traitements. Si le cancer est soigné. On continue à avoir un suivi. On sait qu’on n’en a pas fini avec ce cancer, que c’est un peu une épée de Damoclès, et que les cellules cancéreuses pourraient se réactiver ou réapparaître. Pour l’équipe médicale, on est sorti du protocole de soins, donc elle ne s’occupe plus guère de nous. Pour l’entourage, c’est une histoire classée, alors que dans notre tête, c’est toujours présent…. Et que les consultations de suivi nous le rappellent.
Ces chocs ne sont pas des faiblesses. Ce sont des étapes humaines, légitimes, que vous avez le droit de traverser si vous êtes atteint d’un cancer de la prostate qui est là dans votre corps et votre tête, votre cœur et votre intimité.”
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Dr N. Szapiro
©Doctical2025
Photo de Yudha Aprilian sur Unsplash